Agnès ou l'école du plaisir.
 
L’École des femmes de Molière  

LM. Beaucoup L’École des femmes mise en scène par Philippe Adrien au Théâtre de la Tempête.

La mise en scène de Jean Limier au CDN de Sartrouville s’appuyait sur une scénographie épurée dont l’élément central était un grand arbre qui retenait Agnès captive, celle de Philippe Adrien, à la Tempête, joue à construire des espaces comme autant de figures de l’enfermement: des portes latérales qu'il faut ouvrir et franchir comme des sas, un patio délimité par une allée de graviers, un mur troué d'une fenêtre ( celle de la chambre d'Agnès), encore des portes et une guérite qui garde l'intimité austère de la jeune novice barricadée derrière un grand panneau de tulle blanche.

Cependant, aucune fortification, fût-elle la mieux pensée, ne peut arrêter le souffle d'un être qui aspire à l'amour et à la liberté. Arnolphe l'apprend bien vite à ses dépens pour notre plus grand plaisir.  Magnifiquement interprété par Patrick Paroux, le maître des lieux assiste impuissant à l’éveil sensuel d'une intelligence qu'il voulait nier. Agnès, (très joliment interprété pat Valentine Galey) a de l'esprit et apprend avec innocence et volupté à maîtriser le langage pour s'opposer à son tuteur qui voulait la contraindre.

Philippe Adrien fait entendre le texte de Molière avec acuité et modernité. Tiré vers l'oralité, le vers touche et le spectateur se plait à en redécouvrir la portée comique et politique. Les applaudissements enthousiastes de la dernière témoignaient du plaisir que nous avions eu et de la volonté d'en remercier la troupe.

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