LM bien Richard III de Shakespeare, mise en scène de Laurent Fréchuret.

Laurent Fréchuret aime à se confronter aux grands textes en les soumettant à un nouveau regard. On se souvient de la nouvelle traduction de Florence Dupont pour son Médée d’Euripide, ici, il s’appuie sur celle de Dorothée Zumstein pour monter Richard III, l’œuvre incandescente de Shakespeare.

Sur un plateau épuré où trône une toile de jute écrue bordée de rouge, se profile bien vite l’ombre menaçante d’un petit homme difforme. Richard, le boiteux, le contrefait, s’avance au plus près du public et clame avec défi. «Ne pouvant jouer les amants […] je suis déterminé à jouer les méchants».

Tout est dit : l’adresse au public revendiquée et la stylisation de la mise en scène.

Le travail de Laurent Fréchuret s’appuie sur la lumière inspirée d’Éric Rossi (lorsque Lady Anne saisit le corps lourd et dénudé de son mari, les chairs ont la beauté crue des toiles de Caravage) et sur la scénographie de Stéphanie Mathieu qui joue à inventer des espaces dans la verticalité. Les tables sont ainsi, estrade, lit mortuaire, champ de bataille ou royaume morcelé.

La troupe des onze comédiens, se saisissant d’une trentaine de personnages, portent la pièce avec conviction. Citons Dominique Pinon, figure facétieuse et perfide de Richard, Nine de Montal, reine mère déchirante, Martine Schambacher, terrible imprécatrice, Thierry Gibault, aussi convaincant en Buckingham qu’il l’était en Mackie dans L’Opéra de quat’sous, et Amaury de Crayencour qui, où qu’il soit, sonne juste et droit.

La deuxième partie gagnerait cependant à être dynamisée. La déliquescence du royaume se confond trop avec la mort de la tension théâtrale.

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