LM: Usually beauty fails chorégraphié par Frédérick Gravel

Le chorégraphe québécois Frederick Gravel présente pour quelques soirs deux pièces, au Théâtre de la Bastille.

La première Usually beauty fails, conçue comme un "concert chorégraphique", confère à la pulsation le rôle d’électriser les corps. Quand le spectateur entre, cinq danseurs se tiennent déjà là, en bord de scène, souriants, naturels et pourtant, traversés par le battement puissant de la musique électro que les musiciens règlent encore en fond de plateau, en direct. Quand le chorégraphe les rejoint commence alors la distorsion des corps.  Propulsés en arrière, comme aimantés vers un espace de lutte et d'appel à l'autre, ils prennent possession du plateau avec une énergie animale. 

La danse que propose Frederick Gravel est une danse où le mensonge n'a pas sa place. L'engagement des danseurs est total. Les duos sont intenses, dangereux, car la fêlure les guette. La beauté, comme le rappelle le titre, est dans cette prise de risque.

Des moments distanciés sont cependant ménagés, musiciens au plus près du public pour un partage plus intime ou passages au micro pour un  commentaire sur le spectacle et sa conception. Même si ces instants sont sympathiques et permettent aux danseurs de se reposer un peu, ce n'est pas ce que j'ai préféré. Le mouvement  puissant des corps électrisés et la recherche de cette "beauté convulsive", pour reprendre l'expression d’André Breton, reste pour moi ce qu'il faut retenir de ce spectacle brut et souvent hypnotique.

Il reste deux dates pour ce spectacle que je vous invite à voir.

http://www.theatre-bastille.com/saison-13-14/les-spectacles/usually-beauty-fails