LM Bien: Music-Hall mise en scène par Véronique Ros de la Grange

Jacques Michel, des paillettes dans les yeux.

Écrite en 1989, Music-Hall est avant tout une déclaration d'amour aux artistes, à leur engagement, leur abnégation, leur passion pour la scène. Jean-Luc Lagarce imagine une "fille", une ancienne vedette de Music-Hall qui, assise sur son tabouret fétiche, flanquée de deux boys, retrace son parcours de la gloire aux salles des fêtes ringardes.

Dans la petite salle de la Manufacture des Abbesses, Véronique Ros de la Grange confie le rôle de "la fille" à un homme, Jacques Michel. Maquillé, perruqué, vêtu d'une robe, de bas et d’escarpins noirs, sa silhouette de Zizi Jeanmaire vieillissante se détache sur un grand rideau de paillettes rouge. Seul en scène, dans cette version, le comédien relève le défi avec dignité et finesse. Il parvient à rendre crédible son personnage tout en faisant vivre ses failles et son humour désenchanté.

On regrettera juste que la fin soit trop attendue. L'idée est belle, l'artiste happé(e) par le décor, disparaît. Mais, on aurait aimé que la scénographie finale soit amenée avec plus de subtilité pour que la magie en soit renforcée.

http://www.manufacturedesabbesses.com/theatre-paris-piece-music_hall_histoire-248-2.html