Un traitement antithétique qui dessert l'ensemble

LM un peu Georges Dandin  et La Jalousie du Barbouillé mise en scène par Hervé Pierre

L'histoire est connue, George Dandin, un riche paysan, a épousé une femme d'une condition supérieure à la sienne, la fille d’un gentilhomme ruiné. En échange pour gommer la bassesse de son origine, il a obtenu le titre de « Monsieur de la Dandinière ». Cette opposition de condition apparaît clairement dans la scénographie d'Eric Ruf, appartement cossu en hauteur, esthétique de grange en bois, auge à cochon, pour l'univers du paysan malheureux. Car dès que la pièce commence, Dandin surprend les manoeuvres d'un galant autour de sa maison et ne cessera de redouter d'être un mari cocufié. Il tentera par trois fois de faire éclater l’affront aux yeux de ses beaux-parents qui le méprisent. Mais, victime des stratagèmes de défense organisés par sa jeune épouse Angélique, qui a subi ce mariage forcé et qui  refuse de « s’enterrer toute vive dans un mari », il sera ridiculisé et humilié et devra présenter lui-même des excuses à ceux qui l’ont trompé.

LA bonne idée d'Hervé Pierre est de proposer dans la continuité de Georges Dandin, La Jalousie du Barbouillé. Il met ainsi en lumière les similitudes entre la comédie dramatique et la farce écrite par Molière vingt ans plus tôt. Cependant, ce choix s'illustre par un parti pris antithétique de traitement qui dessert le spectacle. Si Georges Dandin est marqué par un académisme terne, La Jalousie du Barbouillé brille par la folie qui s'y déploie. Et on se met à imaginer à ce que la première comédie avait à offrir en possibilité de jeu.

Restent les acteurs de La Comédie Française, tous remarquables, dont le plaisir à se jouer des personnages précédemment interprétés est communicatif. Citons notamment Jérôme Pouly, Claire de la Rüe du Can, Pierre Hancisse et Noam Morgensztern qui, sur quatre planches de tréteaux, libèrent un pouvoir comique salutaire.

La Jalousie...du Barbouillé sauve in extremis Dandin!